14 mars 2007
Ils ont parlé de "Liban, nation martyre"
Notre livre n’est
sorti que depuis Jeudi dernier et nous avons la chance d’en entendre
parler…un peu sur Internet.
France Culture
Blog Liban
http://openlebanon.org/modules/xlhd1/index.php?id=44
http://www.protection-palestine.org/article.php3?id_article=4682
Apparemment, Georges Corm parlait de nous. Mais comme son
éditeur est la découverte, et que le précédent livre de Fisk est édité par
cette maison d’édition, la phrase a disparu… Voilà ce qu’on
peut trouver sur Google :
BELLACIAO
- Pourquoi Israël s’acharne sur le Liban - Georges Corm
|
... fait défaut
- même, avec son souci d’exactitude et sa profusion de détails, dans
l’excellent ouvrage de référence de Robert Fisk, Liban Nation Martyre. ... |
Interview de Robert Fisk par le FIGARO Magazine
Selon Robert Fisk, spécialiste du Liban, le drame se joue sans répit.
Il estime que les menaces proviennent moins du Hezbollah que de groupes
sunnites inspirés par al-Qaida.
Installé
à Beyrouth et correspondant de guerre pour le quotidien britannique The Independent, Robert Fisk parcourt le Moyen-Orient depuis
plus de trente ans. La version française de son best-seller, Pity the Nation, vient d'être publiée et
retrace l'histoire tragique du pays du Cèdre *. Selon lui, une chronique de la
destruction de la nation libanaise.
Le Figaro Magazine - Quel est votre avis sur la situation au
Liban aujourd'hui ?
Robert Fisk - Ce qui a été véritablement détruit par la
guerre au Liban, c'est ce sentiment qu'avaient de nombreux Libanais de voir
émerger un Etat indépendant. Un sentiment cruellement sacrifié le jour où les
puissances occidentales ont abandonné ce pays à son sort face aux bombardements
d'Israël à l'été 2006. Le Hezbollah est sorti sensiblement renforcé de
l'épreuve de force et son influence dans le pays est grandissante. Cette guerre
a creusé le fossé entre les chiites et les sunnites et divisé encore plus la
société libanaise. La principale menace aujourd'hui au Liban, c'est le risque
de voir des groupes sunnites, inspirés par al-Qaida, s'en prendre aux Casques
bleus stationnés dans le sud du pays. Il y a maintenant au Liban des
contingents français, espagnols, italiens, turcs et des forces navales
allemandes. Soucieux de ne pas être accusé d'attaquer la Finul, le Hezbollah,
doté d'un service de renseignement humain très efficace, surveille de près les
sunnites. Dans chaque village, au Sud-Liban, et dans le quartier chiite de
Beyrouth, il dispose d'un réseau d'informateurs pour collecter l'information au
plus près. De plus, la dernière guerre a montré les capacités d'espionnage de
la guérilla chiite. Au début du conflit, le Hezbollah a utilisé un drone en
territoire israélien pour obtenir des photos aériennes des positions ennemies.
De plus, quand les Israéliens ont pénétré au Sud-Liban, ils ont retrouvé leurs
propres photos satellites identifiant des caches d'armes dans les bunkers du
Hezbollah...
Il y aussi le problème des bombes à fragmentation lancées
par Israël dans le sud du pays après l'annonce du cessez-le-feu. Selon des
spécialistes du déminage à l'oeuvre sur le terrain, il faudra peut-être
quarante ans pour déminer cette région infestée de bombes. A chaque nouveau
conflit, c'est une couche supplémentaire qui s'ajoute !
Le Hezbollah a-t-il un vrai programme politique ? Est-ce un
danger pour la démocratie au Liban ?
A mon avis, le Hezbollah est le seul parti, peut-être avec
le mouvement du fils de Rafic Hariri, à ne pas être corrompu. Il jouit d'une
vraie popularité auprès des habitants chiites du Sud-Liban et de la banlieue
sud de Beyrouth. Il a une influence grandissante dans le pays où les chiites
sont les opprimés et les dépossédés, toujours ignorés par les chefs et
patriarches du gouvernement libanais. Depuis sa naissance en 1982, et jusqu'à
aujourd'hui, le Hezbollah a perdu beaucoup de combattants. Il a une carte à
jouer après cette crise. D'ailleurs, en public comme en privé, il affirme ne
pas vouloir instaurer de république islamique. Aussi, il sera impossible pour
le pouvoir de continuer à ignorer le Hezbollah. Il sera nécessaire pour le
gouvernement d'ouvrir ses portes aux chiites. Même si, en appelant à la
désobéissance civile, le Hezbollah joue avec le feu...
Quelle est votre analyse de la stratégie de Bush, qui entend
«remodeler le Moyen-Orient» ?
La politique du président Bush au Moyen-Orient est un
véritable échec. La campagne d'Irak s'est transformée en désastre, le conflit
israélo-palestinien fait du sur-place et la dernière guerre au Liban n'a fait
que détruire le pays. Cette stratégie de «Grand Moyen-Orient» conduit la région
dans une nouvelle tourmente. Elle consiste à diviser le monde arabe entre
chiites et sunnites, entre chrétiens et musulmans... A l'Ouest, nous aimons
diviser ou voir le monde avec des cartes séparant les communautés. Bush parle
de démocratie, mais il ne fait que semer la division dans le monde arabe.
Quelle a été votre démarche pour l'écriture de ce livre de
près de 900 pages ?
Ce récit est le fruit de plus de trente ans de reportages
au Liban et dans le Moyen-Orient. C'est un travail de reporter. Depuis que je
couvre la guerre dans cette région en ébullition permanente, j'ai gardé des
montagnes de carnets, de coupures de presse, de notes personnelles et de
comptes rendus, parfois gribouillés sur des vieux papiers que j'ai conservés
dans des sacs de linge et de duty-free à l'aéroport de Beyrouth. La plupart
d'entre eux portent sur le Liban, comme une chronique de la destruction d'une
nation et d'un peuple sur plusieurs décennies. C'est donc un livre de
témoignages, un regard personnel sur l'histoire du Liban, ses espoirs, ses
tragédies, ses épisodes sanglants. J'ai toujours pensé le journalisme comme un
grand challenge contre les pouvoirs en place. C'est dans cet esprit que je
réalise mes enquêtes de terrain, au plus près des acteurs du conflit et des victimes,
pour dénoncer les massacres, les oppressions ou les injustices.
* Liban,
nation martyre, par Robert Fisk, A&R
Editions, 29 euros.
Les peoples aiment Robert Fisk
Vivienne Westwood: "je prendrais Robert Fisk comme ministre des affaires étrangères" 2007
John Malkovich: "J'aimerais tuer Robert Fisk" 2002
Daniel Craig (James Bond): "Robert Fisk est mon héros" 2006
Robert FISK
Robert Fisk est un journaliste de renommée internationale basé au Moyen-Orient. Il couvre les faits du Caire à Istanbul, et de la Mecque à Kaboul.
Voici le communiqué de presse sur son livre:
Ecrit par un des journalistes anglais les plus
reconnus, ce livre remarquable est un récit épique du conflit Libanais par un
auteur qui a été le témoin de plus de trente ans de carnage à Beyrouth. C’est
une histoire de trahison des démocraties occidentales et de lutte contre la
sphère d’influence américaine au Moyen Orient. Ce livre rappelle aussi, avec
forces détails l’onde dévastatrice des premières attaques suicides (Drakkar
1983) contre les Français et les Américains.
Dans un récit qui est un reportage de guerre en
même temps qu’une analyse politique, Robert Fisk décrit les méandres de la
guerre civile libanaise, des invasions israéliennes qui s’en suivirent, les
milices libanaises et leur brutalité qui n’épargna personne, les marines
américains et légionnaires français qui furent pris au piège libanais, dont
beaucoup ne revinrent pas, et les Israéliens qui tentèrent d’imposer leurs
hommes de paille, avant de commettre avec leur invasion de 1982, leurs premiers
crimes de guerre.
Leur
retrait en 2000 et l’élection d’Ariel Sharon allaient donner un espoir énorme à
la population libanaise.
Cette première version française de Pity the
Nation, le livre à succès de Robert Fisk, comprend aussi le récit de
l’assassinat de Rafik Hariri, que Fisk a vu se perpétrer sous ses yeux. Et
l’invraisemblable enchaînement de violence qui a suivi depuis, jusqu’à susciter
une guerre avec Israël. La version française de Pity the Nation comprend 60
pages de plus que la version anglaise.
* * *
« Robert Fisk est l’un des plus remarquables
reporters de sa génération. Comme correspondant de guerre, il est inégalé. »
Financial Times.
« L’immense ouvrage de Robert Fisk sur les
désespoirs de la situation libanaise est parmi les livres les plus aboutis sur
la question, ainsi que parmi les plus douloureux et incisifs…. « Liban,
nation martyre » est de fait la somme personnelle, finale et définitive de
défaites et de souffrances inutiles, la triste compilation des échecs
successifs au Liban des Palestiniens, des Libanais, des Israéliens, des
Syriens et de bien d’autres… » Edouard Said.
« Un témoignage bouleversant sur la faillite des politiques à préserver
l’humanité d’elle-même. » Sunday Times.
« On reste pantois … face à l’énergie (de Robert Fisk), son engagement et son courage à couvrir les pires conflits contemporains ; on se demande aussi comment Fisk parvient encore à écrire, sain d’esprit, après avoir été témoin d’une telle barbarie. » Literary Review.
* * *
Robert Fisk est le correspondent au Proche-Orient du quotidien britannique The
Independent, basé à Beyrouth. Cet ouvrage, largement acclamé par la critique
internationale, est le fruit de plus de trente années de reportage au Liban, où
il a couvert la guerre civile, deux invasions israéliennes et le conflit de
l’été passé avec le Hezbollah. Eduqué en Grande Bretagne et en Irlande, Fisk a
reçu plus de prix journalistiques _ 24 _ que n’importe quel autre grand
reporter pour sa couverture de la révolution iranienne, des guerres du Liban, du
Golfe, du Kosovo et d’Algérie. Il a reçu le prix Amnesty International en 2000
pour ses reportages en Serbie pendant les bombardements de l’OTAN et le David
Watt Memorial Award en 2001 pour sa couverture du Proche -Orient.
Première tournée presse
Robert Fisk est à Paris. Enfin, était... La semaine dernière il est venu pour faire la promo de son livre. Pas moins d'une vingtaine d'interviews dont une est sortie le 11 mars dans le Figaro Magazine (dommage qu'il ne soit pas en ligne, c'est un très bon magazine).
Trois interviews pour RFI. Phosphore fait un numéro spécial sur le Liban cet été, ils ont donc eu droit à une longue interview. Ainsi que Le Parisien, France Soir, les Inrocks, Mouvement, Magazine.info, la télé belge, le Temps de Genêve, l'Est Républicain, la Croix, 20 minutes, etc.
Je mettrai en ligne la presse quand elle sera sortie.
Fisk leur a raconté ses rencontres avec Ben Laden, sa peur de voir la FINUL attaquée par les groupes extrémistes sunnites. D'ailleurs, il y a un moment dans le livre où il raconte l'attentat du Drakkar de 1983 à Beyrouth. Vous vous souvenez, des militaires français avaient péri dans une attaque suicide. Un camion bourré d'explosifs avait pulvérisé l'immeuble des légionnaires. Un photographe avait immortalisé l'enlisement des troupes françaises dans le bourbier libanais.
Et c'est assez bizarre, mais dans le chapitre juste avant le Drakkar, il y a un moment ou il dit que les français commencent à se prendre des cailloux de la population locale. Alors que leur rôle -aux légionnaires- est de soigner la population civile. L'instant d'après -c'est à dire peut-être un ou deux mois après, leur batiment explose. C'est ce qu'il se passe actuellement au Liban. Les soldats français de la FINUL se prennent des pierres.

